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La familiarité chirurgien-anesthésiologiste associée à un meilleur pronostic postopératoire

Québec, le 9 mars 2023 – Le jumelage fréquent de deux médecins chirurgien et anesthésiologiste lors d’opérations oncologiques complexes semble réduire le risque de complications graves. Plus les deux spécialistes travaillent en tandem, plus le pronostic dans les 90 jours suivant l’intervention s’améliorait, indique une nouvelle étude à laquelle a participé le docteur Alexis Turgeon, médecin clinicien enseignant titulaire à la Faculté de médecine de l’Université Laval, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en soins intensifs neurologiques et traumatologie et chercheur au Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval. 

Leurs analyses ont révélé que dans 43 % des cas étudiés, les personnes atteintes d’un cancer gastro-intestinal avaient vécu des complications graves dans les 90 jours suivant l’opération. « Après avoir tenu compte des effets attribuables aux différences entre les patientes et patients, les hôpitaux et les médecins, notamment le nombre d’interventions pratiquées, on constate que le risque de complications graves est d’environ 35 % pour les tandems qui ont été jumelés 1 fois par année, autour de 30 % pour ceux qui l’ont été 4 fois par année, et d’environ 20 % pour ceux qui l’ont été 10 fois par année », résume le Dr Turgeon.

Il indique toutefois que les données ne permettent pas d’établir un lien de causalité entre le nombre de jumelages et les complications graves ni de déterminer l’élément qui expliquerait cette association. 

« Notre hypothèse est que des médecins qui travaillent plus souvent ensemble apprennent à se connaître et développent un lien de confiance. Cela pourrait se répercuter sur l’ambiance de travail, sur la communication et sur la prévisibilité des réactions dans la salle d’opération », avance le Dr Turgeon, lui-même anesthésiologiste et médecin spécialiste en soins intensifs.

Pour arriver à ce constat, l’équipe de recherche a analysé les dossiers de 7893 personnes atteintes d’un cancer qui ont dû subir une résection de l’œsophage, du pancréas ou du foie entre 2007 et 2018 dans des hôpitaux ontariens. Pour 163 médecins chirurgiens et 737 anesthésiologistes, elle a chiffré le nombre d’interventions pratiquées par un même tandem dans les quatre années précédant une intervention afin d’établir le degré de familiarité entre eux au moment de la chirurgie. 

« Dans la moitié des cas, les binômes avaient été jumelés 1 fois ou moins. Par contre, d’autres tandems avaient été réunis plus souvent. Ce nombre pouvait aller jusqu’à 12 par année », signale le Dr Turgeon.

Malgré les conclusions de cette étude, le chercheur pense que recommander une révision du mode d’organisation des équipes chirurgicales serait prématuré. « Si d’autres études arrivent aux mêmes conclusions que la nôtre, plus précisément des études visant à établir des liens de causalité, il faudra alors envisager des façons de jumeler plus régulièrement les mêmes tandems chirurgien-anesthésiologiste dans le contexte d’interventions complexes. Ce ne serait pas facile sur le plan logistique, mais le bien-être des patientes et patients doit nous guider dans la recherche de meilleures pratiques. »

L’étude a été publiée dans la revue scientifique JAMA Surgery. L’équipe de recherche a été dirigée par Julie Hallet, détentrice d’un doctorat en médecine et d'une maitrise en épidémiologie clinique de l’Université Laval, aujourd’hui professeure agrégée à l’Université de Toronto.
 
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