Grands prématurés : le risque de complications lié à l’achalandage aux soins intensifs
Québec, le 28 février 2023 – Le pronostic des grands prématurés déprendrait du taux d’occupation des lits dans l’unité de soins intensifs néonatals. C'est la conclusion d'une équipe de recherche québécoise dont fait partie Bruno Piedboeuf, médecin clinicien enseignant titulaire à la Faculté de médecine et chercheur au Centre de recherche du CHU de Québec - Université Laval. Le risque de complications graves atteint 45 % lorsque tous les lits sont occupés.
Leurs analyses révèlent que le risque de complications graves augmente avec le taux d’occupation des lits de ces unités pendant le premier quart de travail et pendant les 24 premières heures qui suivent l’admission de l’enfant.
« Par exemple, lorsque le taux d’occupation des lits se situe à 50 % de la capacité de l’unité, le pourcentage de complications graves est de 30 %. Ce pourcentage grimpe à 40 % lorsque 80 % des lits sont occupés, et à 50 % lorsque l’unité est à 110 % de la capacité », souligne Bruno Piedboeuf.
Selon lui, cette relation pourrait refléter un manque de ressources pendant les périodes de pointe. « Les grands prématurés ont une santé fragile et il faut continuellement veiller sur eux. Le temps de réaction du personnel soignant est crucial. Idéalement, il faudrait avoir un ratio d’une infirmière ou d’un infirmier par enfant pour assurer des soins optimaux », ajoute Bruno Piedboeuf.
L’équipe de recherche a analysé les cas de 1870 enfants nés entre la 23e semaine et la 32e semaine de grossesse, et admis dans une unité de soins intensifs néonatals québécoise. Parmi eux, 823 ont eu des complications sérieuses, dont 153 décès. Les principales pathologies rapportées touchaient les poumons, le système nerveux, le système digestif et les yeux.
Bruno Piedboeuf rappelle que les soins aux grands prématurés ont beaucoup progressé au cours des dernières décennies. Le taux de survie des prématurés qui naissent après la 28e semaine de grossesse est maintenant de 95 %.
« Il y a eu beaucoup d’amélioration sur le plan technique, ajoute-t-il. Mais comme le démontrent nos travaux, il y a encore du travail à faire du côté de l’organisation du travail pour assurer de meilleurs soins aux grands prématurés. »
L’étude a été publiée dans la revue scientifique Archives of Disease in Childhood: Fetal & Neonatal. Le premier auteur est Marc Beltempo, de l’Université McGill.
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